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Qu’est ce que l’anxiété ?
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Cela fait plus de 13 ans que je vis avec mon anxiété, j’ai appris à la connaître, à devenir bienveillant envers elle mais j’ai surtout appris à vivre plus sereinement avec. J’ai décidé de lui consacrer ces quelques lignes parce que si mon histoire peut apporter de l’aide, ne serait-ce qu’une personne, pour mieux vivre avec son anxiété, alors je sais que je n’aurais pas vécu ces années difficiles pour rien. 

ANXIETE

Qu’est ce que l’anxiété ? 

Avant toute chose, commençons par définir ce que sont clairement l’anxiété et le stress qui ont tendance à être souvent confondus. 

Le stress est un phénomène physiologique naturel : en réponse à un danger ou à une sollicitation, notre organisme réagit pour nous protéger en déclenchant certains mécanismes tels que la production d’hormones (adrénaline ou cortisol) ou l’augmentation de la tension artérielle. 

Si le stress est donc un phénomène biologique qui peut amener à des difficultés psychologiques en cas de surexposition, l’anxiété est elle un état psychologique qui se manifeste sans raison apparente. Nous nous inquiétons pour un danger que nous redoutons mais qui n’est pas forcément rationnel. Lorsque l’anxiété devient trop intense, durable et envahissante, elle est qualifiée de pathologique.

Mes 7 conseils pour gérer votre anxiété 

J’accepte ma situation

La première étape a été d’accepter ma situation. J’ai très longtemps refuser d’accepter que l’anxiété devienne mon compagnon de route et je dépensais une énergie considérable à lutter contre elle pour sortir de ce mauvais moment. Mais j’ai fini par comprendre que ce n’était pas juste une mauvaise passe et que cette anxiété s’était installée progressivement et que pour apprendre à la maîtriser, il me fallait commencer par l’accepter avec bienveillance car lorsque je lutte avec mon anxiété, c’est avec moi que je me bats.

Accepter ma situation ne veut pas dire que je vois tout d’un œil positive, non, cela signifie avant tout que j’accepte les difficultés que je vis et que je décide d’apprendre à vivre avec, en accord avec mes valeurs. Plus on accepte la situation, moins l’anxiété nous préoccupe. 

Cette étape peut paraître triviale mais elle a été cruciale pour moi, elle m’a permis de mettre en place tous les autres conseils que je décris dans cet article.

Je m’engage dans mon rétablissement. 

Accepter ma condition était une chose, accepter que je devais prendre en main la situation et devenir acteur de mon rétablissement en était une autre. J’avais beau avoir accepté mon anxiété dans ma vie, j’ai pendant trop longtemps cherché une recette miracle pour aller mieux. 

Mais il n’y a pas de recette miracle et j’ai ainsi compris que pour mieux vivre avec mon anxiété, je devais arrêter de chercher une baguette magique et prendre les choses en main à tous les niveaux : physique, émotionnel, mental, dans mes relations aux autres etc.. Je devais arrêter de chercher la solution ailleurs et compter avant tout sur moi-même pour aller mieux. 

Je suis une thérapie

Être acteur de son rétablissement ne veut pas dire pour autant être seul face à son rétablissement. Suivre une thérapie peut être un atout formidable sur ce chemin. Pour ma part, cette recherche du bon allié n’a pas été un long fleuve tranquille pour moi, j’ai mis du temps à trouver la personne de confiance qui a su trouver les mots justes pour me faire prendre du recul et m’aider à devenir acteur dans mon rétablissement. De nombreuses thérapies existent mais ce sont souvent les thérapies comportementales et cognitives qui sont recommandées dans le traitement de l’anxiété. Mon choix s’est porté sur cette thérapie et elle m’a beaucoup apporté à la fois pour mieux comprendre mon anxiété mais aussi pour découvrir des outils permettant de mieux la gérer.

Suivre une thérapie peut être une bonne chose, appliquer ce que l’on y apprend est encore mieux. Je suis très vite tombé dans un schéma où je voyais mon thérapeute toutes les deux semaines pour obtenir du soutien émotionnel sans réellement appliquer ce que j’apprenais entre les séances. Je me cachais derrière des excuses (pas toujours infondées) comme “C’est extrêmement dur à mettre en pratique au jour le jour” ou “Je n’ai pas de support pour réaliser mes exercices” pour ne pas me mettre en action entre les séances. J’avais ce sentiment d’être laché dans la nature entre les séances. 

J’en parle à des proches et/ou à des personnes qui me comprenaient

Je n’aurais pas pu surmonter mon anxiété sans la présence et le soutien de ma petite amie. J’ai eu l’immense chance d’être soutenu au quotidien par une personne qui non seulement a été empathique mais s’est en plus intéressée à l’anxiété en lisant un très grand nombre de livres. J’ai bien conscience que tout le monde n’a pas cette chance mais j’en ai tiré une leçon : le rétablissement ne passe pas uniquement par le travail thérapeutique, il passe aussi par le soutien de notre entourage ou de personnes qui comprennent pour nous aider à avancer dans notre cheminement. On a souvent un peu honte de parler de son anxiété et ce n’est pas facile de se livrer mais croyez-moi, se confier et se montrer vulnérable est libérateur. 

J’adopte une bonne hygiène de vie

Pendant trop longtemps, j’ai négligé le poids d’une hygiène de vie équilibrée sur ma santé mentale. Pourtant, il a été prouvé scientifiquement que le sommeil, l’exercice physique et l’alimentation jouent un rôle essentiel dans la gestion de l’anxiété. 

L’activité physique a un effet anxiolytique, le corps sécrètant des hormones dites du bonheur qui agissent directement sur le cerveau. Je pratique depuis maintenant plusieurs années une activité physique régulière et je ne peux que confirmer que ça participe à calmer grandement mon anxiété. Je vais aller même plus loin : dans mon cas, c’est le meilleur remède naturel contre mon anxiété ! Et lorsque je ne trouve pas le temps de faire de l’exercice physique ? J’essaie a minima de pratiquer des exercices de relaxation comme 5 minutes de respiration alternée ou de cohérence cardiaque. Et si je peux vous donner un conseil concernant l’activité physique, c’est le suivant : les jours où j’ai eu le plus de mal à me motiver ont été ceux le sport m’a fait le plus de bien alors ne lâchez rien ^^ 

J’ai pu réaliser qu’une bonne alimentation était indispensable pour mon bien être et qu’elle était comme un carburant pour faire fonctionner mon corps et mon esprit. Manger sainement en limitant les produits d’origine animale et en évitant les produits excitants tels que la caféine ou le sucre (j’ai la chance de ne pas boire d’alcool !) me fournit l’énergie de réaliser les changements dans ma vie. 

Enfin, j’ai pu constater que lorsque je dormais moins, j’avais plus de mal à accueillir mes émotions et gérer mon anxiété. J’ai appris à considérer le sommeil comme un véritable allié me permettant de recharger mes batteries. En moyenne, un adulte a besoin de 7 à 9 heures de sommeil chaque nuit. Le pourcentage de personnes ayant besoin de moins de 7h de sommeil est très faible, pourtant la moyenne est justement de moins de 7h en France depuis quelques années. Vous l’aurez compris, il n’est pas impossible que votre rythme actuel ne soit pas adapté à vos besoins !

J’accepte l’inconnu

Une autre leçon que j’ai pu tirer de toutes ces années est que l’insécurité n’est pas un problème à résoudre. A chaque fois que j’accueille une insécurité, je me libère un peu de mon temps et mon énergie pour réaliser des choses qui comptent vraiment pour toi. Une fois que j’ai pris conscience de cela, j’ai réalisé que ​​chaque moment de la journée était une occasion de prendre soin de ma santé mentale ! Je vais même aller plus loin, je vous conseille de ne pas attendre que des insécurités apparaissent, cherchez l’insécurité et exposez-vous autant que possible. Alors bien entendu, faites le progressivement, étape par étape, parlez-en avec votre thérapeute pour ne pas brûler les étapes et acceptez l’insécurité.

Je ne tente pas de tout contrôler 

J’ai pendant longtemps tenté de tout contrôler, d’avoir tout en main pour diminuer la part d’inconnu en toute chose. Contrôler, c’est fondamentalement essayer d’éviter de vivre des expériences déplaisantes. Et plus je contrôlais, plus je ressentais le besoin de contrôler. 

Or, et bizarrement j’ai mis du temps à le comprendre, il n’est tout simplement pas possible, ni même souhaitable (sinon ce serait chiant à la longue hein ^^), de tout contrôler. Et ça, il faut l’accepter, l’assimiler dans toutes les situations du quotidien et dans toutes les pensées que vous pourriez avoir. J’accepte de ne pas pouvoir contrôler tout ce qu’il se passe dans mon corps, toutes les sensations que je peux ressentir, toutes les pensées qui peuvent me traverser l’esprit, toutes les actions réalisées par les autres personnes. 

Et pour finir…

Un dernier conseil qui me semble crucial à vous partager. Ne baissez pas les bras, ne lâchez rien, continuez à y croire même lorsque vous avez l’impression que vous redescendez d’une ou plusieurs marches sur cette escalier vers le rétablissement. Il y aura quelques jours avec, mais beaucoup de jours sans. 

Semaines après semaines, vos actions montreront leurs résultats. Vous changerez vos habitudes de vie et vos schémas de pensée. Vous progresserez sans vous en apercevoir vers une vie où votre anxiété n’est plus le centre de votre attention et vous vous consacrerez davantage à ce que vous aimez faire sans épée de Damoclès perpétuellement présente au-dessus de la tête.

Cet article est rédigé par Mohamed, cofondateur de Mosaik, application de soutien psychologique pour anxiété et dépression.

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